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Noël approche, et avec lui, le casse-tête des cadeaux.
Une sorte de passage obligé alors que nous n'accordons pas tous la même importance aux cadeaux.
Gary Chapman, dans son livre Les langages de l'amour, explique qu'il y a cinq moyens d'expression de l'amour :

  • Les moments de qualité
  • Les compliments, les paroles encourageantes
  • Les services rendus
  • Le toucher, les câlins
  • Les cadeaux

Chacun d´entre nous est plus sensible à l'un de ces cinq langages d'amour.
De ce fait, une personne sera très sensible aux cadeaux reçus à Noël alors qu'une autre moins. Et de même un tel dépensera temps et/ou argent et/ou énergie pour le choix des cadeaux et tel autre moins.

D'autres facteurs entrent en ligne de compte.
Est-ce que la personne :

  • est perfectionniste/exigeante ou négligente/indulgente ?
  • est dépensière ou économe ?
  • dispose de temps et/ou d'argent et/ou d'énergie ?

J'ai coutume de dire que si dans la vie on ne dispose ni de temps ni d'argent ni d'énergie, il est normal de demander de l'aide.
De nombreuses personnes se réalisent en aidant les autres donc aucune raison de culpabiliser d'autant que la situation peut être temporaire. Bientôt ce sera la personne aidée qui ira mieux et pourra aider à son tour.

Revenons aux cadeaux.
Comme vous le comprenez, il s'agit d'un sujet très complexe relevant à la fois de la personnalité et de la situation.

Un décalage important entre le cadeau offert d'une part et la personnalité et/ou la situation de celui qui reçoit le cadeau d'autre part peut produire l'effet inverse de celui escompté : ne pas se sentir aimé, ne pas se sentir reconnu dans sa particularité, voire ne pas se sentir respecté.

Alors, prendrons-nous le temps, l'argent, l'énergie de trouver les cadeaux qui montreront à nos proches que nous les aimons ?

Noël et les anniversaires sont autant d'occasions d'apprendre à connaître la personnalité et la situation de nos proches ... pour éviter de projeter nos préférences sur eux.

Pour vous aider, voici quelques suggestions (j'ai croisé les langages de l'amour avec l'outil MBTI) :

Idées de cadeaux

 

AurelieRec

Partie faire des courses, je marche le long d'un boulevard maintes fois arpenté. Je réalise que je vais bientôt arriver devant les grilles de la clinique vétérinaire. Je me remémore Bidule, décédé il y a six mois, cela me rend nostalgique.

Je suis presque au niveau de la clinique. De loin, je vois une jeune fille en sortir. Il me semble qu'elle pleure. Nos regards se croisent. A sa place, je n'aimerais pas que quelqu'un me fixe pendant que je pleure, je suis gênée. Je continue d'avancer parallèlement à la clôture. Qu'est-ce que je peux faire ? De quoi aurait-elle besoin ? Je marche, je regarde de nouveau. Elle s'assoit sur une des marches et sanglote. Elle me regarde, je détourne la tête. De quoi j'aurais besoin, moi ? Un câlin. J'ai entendu parler de gens qui se promènent avec une pancarte "câlin gratuit". J'avais trouvé ça dingue et génial.

FreeHugsEt si j'osais ? J'arrive au bout de la grille, il faut que je me décide. J'entre dans la cour, je me dirige droit vers elle, elle me fixe. Je lui demande si elle veut un câlin. Elle hésite puis me dit "Oui" d'une petite voix désespérée. Je la prends dans mes bras et je lui masse le dos avec empathie.

Nous avons discuté un peu, après quoi je suis repartie, heureuse d'avoir écouté mon émotion et mon intuition, heureuse d'avoir osé, heureuse d'avoir pris la bonne décision bien que dans l'urgence. Car même si Aurélie avait refusé ma proposition, elle se serait sentie moins seule et je n'aurais pas eu de regret à m'être montrée attentive à sa détresse.

 

Parfois, pour gagner du temps, pour ne pas être rejeté, pour ne pas être invasif ou juste par flemme, nous choisissons en une fraction de seconde de "laisser", de ne pas intervenir, de ne rien faire.

Parfois, pour alimenter inconsciemment notre estime de nous ou pour nous fuir nous-même, nous jouons au bon samaritain avec excès sans vérifier que cela apporte un bénéfice à l'autre.

Il est intéressant de s'arrêter de temps en temps pour constater l'origine de nos choix : croyances personnelles subjectives ou discernement grâce aux éléments du présent et du réel ?

Car la vie nous offre une multitude de situations où nous pouvons être en lien sincère revivifiant avec l'autre, à nous de les saisir, tout en délicatesse.

 

Cliquez ici pour en savoir plus sur la free hugs campaign

 

 

MariageConverseLéo n'a pas eu une minute de répit pour porter de temps en temps les chaussures de ville achetées pour la noce : à peine enfilées, il souffre le martyr mais va devoir garder le sourire, il est témoin ! Tante Lucie a filé son bas juste avant de monter dans la voiture or elle était déjà en retard et c'est elle qui apporte les diadèmes des petites filles d'honneur. L'animateur des chants s'est enrhumé à cause de la clim dans le train, il n'arrive pas à chanter correctement. Il fait très chaud dans la petite église, oncle Paul perd connaissance dans un vacarme de chaises dominos. Les bouquets constitués de bonbons, fondent au soleil ou sont engloutis par les petits enfants d'honneur avant même l'intervention du photographe. Jeannette a oublié la consigne de porter du jaune, on ne verra qu'elle, en violet, sur les photos. Au vin d'honneur, Julien libère en avance les milliers de confettis enfermés dans des ballons de baudruche, surprise réservée aux mariés pour la soirée. Pendant tout le dîner, cousine Augustine fait la tête car elle voulait être placée à la table de François. Sophie chipe discrètement les dizaines de petits bocaux de dragées et se fait plein d'amis très facilement parmi les autres enfants. Clément, ivre, prend le micro et énumère consciencieusement les prénoms des anciennes petites amies du marié. Jef prend soin d'aller coucher ses enfants et oublie de revenir pour véhiculer les mariés qui doivent demander à un serveur de les ramener.

4Mariages1EnterrementComme souvent, la réalité dépasse la fiction (tous mes exemples se sont vraiment produits) et la plupart des mariages n'ont rien à envier au film Quatre mariages et un enterrement en termes de péripéties. Ces multiples mini-drames feront ensuite rire les protagonistes pendant de longues années _ ou pas ;).

Tant d'invités, venus parfois de très loin. Tant d'invités, ayant dépensé temps, argent, énergie pour avoir une apparence à la hauteur de l'évènement. Tant d'invités tout spécialement pour deux personnes. Un mariage est l'occasion de témoigner son affection, faire des rencontres, retrouver des connaissances plus ou moins proches.

Dans l'histoire de tout un chacun, les mariages structurent le temps. "Bien sûr que j'ai acheté ce manteau en 1986 ! Je le portais au mariage d'Alice."

Vive les mariés !

Pour F. & R.

 

 

pince cheveuxJ'allais me coucher et je l'ai vue, sur ma table de nuit.
Je n'ai pas tergiversé, je l'ai saisie pleine d'assurance et je l'ai rentrée au bercail, dans le tiroir de la salle de bain alloué, à sa place précise.

Une fois dans mon lit, je me suis demandé pourquoi j'avais rangé cette pince à cheveux avec autant de rapidité alors qu'à priori ça n'était pas fondamental de la ranger le soir-même. En tous cas moins qu'un sachet d'emmental râpé dans le réfrigérateur ou qu'un livre dans le cartable pour le cours du lendemain.
La réponse fut : ça va me contrarier si je la cherche demain.
Alors comme j'étais en pleine forme, j'ai réfléchi aux raisons pour lesquelles je range, à mes moteurs.
Je range moins que certains et plus que d'autres bien sûr, comme tout le monde ; c'est quoi mon truc à moi avec le rangement ?

Je viens de l'écrire, quand je sais que ça va m'énerver de ne pas trouver tel objet. [Compulsion moteur = éviter la colère]
Et puis quand je sais que des invités vont venir, davantage car je déteste ressentir de la honte que pour leur bien-être à eux. [Réflexion moteur = éviter la honte]
rangementJe range :

  • mon bureau quand ça fait plusieurs jours que le stress monte par crainte d'oublier de faire quelque chose d'important, par exemple la feuille bleue à rendre impérativement au secrétariat du collège pour telle date qui est sous 6 couches d'autres papiers. [Sentiment moteur = angoisse]
  • la cuisine depuis qu'on l'a rénovée il y a quelques années. Avant ça, je ne la rangeais que lorsque je ne pouvais plus rien poser nulle part. Maintenant qu'elle est à notre goût, avec des œuvres des enfants sur les murs, j'en prends soin. [Sentiment moteur = fierté]
  • la table de la salle à manger où nous prenons chaque repas car ado, je détestais que ça ne soit pas le cas (je vois encore les miettes sur la toile cirée !) mais je ne me chargeais pas pour autant de nettoyer, normal ;). [Émotion moteur = dégoût]
  • le linge pour toute la famille car ça me rappelle que mon système "tout sur cintres en penderie dès la sortie de la machine à laver" [je ne repasse rien] est vraiment sensas'. [Sentiment moteur = fierté]
  • le séjour plus souvent qu'auparavant, par amour pour mon mari parce que c'est important pour lui, visuellement parlant - effort immense de ma part ;). [Sentiment moteur = amour]


Quand j'étais ado, je rangeais ma chambre quand on ne voyait plus le sol. [Intéressant, mon moteur n'était ni une émotion ni un sentiment mais juste un aspect pratique d'accessibilité]

Je n'arrive pas à ranger juste pour moi, pour me faire plaisir à moi car je suis imprégnée de croyances telles que :

  • si tout est rangé tout le temps, ça veut dire que je laisse passer les objets avant les humains, ça n'est pas envisageable.
  • une maison avec du bazar est une maison qui vit, c'est sain.
  • si je range tout, tout le temps, tout de suite, je vais être agacée si quelqu'un dérange. Je suis déjà assez pénible comme ça, nul besoin d'ajouter des raisons de râler.

JardinRec

 

Enfin, je ne ressens pas le besoin de ranger la maison car je suis la plupart du temps dans mes pensées ; je vois ce qui traîne sans regarder. Cependant, j'aime que le jardin soit superbe car justement, c'est lui que je regarde quand je suis dans mes pensées.

 

***


puzzleVoilà, c'était un petit exercice d'introspection improvisé que vous pouvez réaliser à partir du mot ranger et plein d'autres verbes. Grâce à lui, je rangerai probablement plus volontiers à l'avenir, bénéficiant d'une relativisation de mon affectivité.

Creusez, laissez du temps à votre mémoire pour retrouver des phrases, des images, des sensations ; elles vous fournissent les pièces du puzzle unique représentant la relation que vous entretenez avec cette action.

 

Je préfère concentrer mon attention sur les détails que sur la globalité. Si vous, c'est l'inverse, au lieu de choisir un seul verbe et de le décortiquer longtemps, picorez un verbe, voyez globalement quelle impression résonne en vous et passez à un autre verbe.


Une fois l'exercice effectué, vous aurez fait un petit pas de côté, pris un peu de recul et fait un peu mieux connaissance avec vous-même, bravo :)

 

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Aujourd’hui, les couples vivent leur lune de miel avant le mariage et se marient quand ils ont déjà des enfants. Les temps changent, mais le challenge que représente la vie en couple reste intact.

Quand on tombe amoureux, on apprécie toute la partie de l’autre qui nous fait du bien. Cependant, en matière de vie conjugale, on n’est pas au Mc Donalds, on ne peut pas juste prendre le Mc Flurry ! Et non, il faut aussi vivre avec les aspects de l’autre qui nous blessent ou réveillent des blessures mal cicatrisées voire encore à vif !
Au fil du temps, ces expériences désagréables vont faire que la fusion va laisser la place à un fossé. Tout l’enjeu de la vie conjugale réside dans la question : Est-ce que les deux conjoints vont prendre le temps, l’argent, l’énergie et le cœur pour :

 

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  1. accepter de se laisser transformer par la présence de l’autre ? Et ne pas rester au stade du constat de « ce qu’il m’apporte et ce qu’il m’énerve » ( !)
  2. mener l’enquête pour connaître ce dont l’autre a besoin pour être heureux ? Et ensuite en tenir compte au quotidien.
  3. faire vivre l’entité couple ? Un peu comme une personne morale, définir, développer l’identité du couple.

Ces trois activités représentent un investissement considérable, à maintenir sur des dizaines d’années. Mais si les deux conjoints sont engagés dans la démarche, le retour sur investissement est rapide, prodigieux et permet de soutenir un cercle vertueux.

 

 


Montagne Couple

 

Je compare cela au gravissement d’une montagne, demandant un effort important et constant. Mais au moment des pauses, tous les sens physiologiques de notre modeste corps sont comblés et notre mental jouit d’une plénitude euphorisante.
Ce n’est pas le sommet de la montagne qui fait le sel de la vie mais tous les moments partagés en union de cœur sur le chemin.

 

Pour E. & D.

Voici un poème traitant du handicap physique quand il survient à l'adolescence.

Cliquez sur l'image pour écouter l'enregistrement audio

CaptureSoundcloudNouvelleEtoile

Nouvelle étoile dont l’une des branches est abîmée
C’est normal que tu rêves d'autres voies lactées.

Découragements et déceptions
L'infini, toujours, a été sombre
Toi, tu regardais les autres étoiles
L'innocence posait sur toi un voile.

C'est trop vaste, c'est obscur !
Le tulle devient linceul.
C'est trop dur, c'est trop brusque !
Tu veux pleurer, crier ;

Qui t'entendra dans l'immense nuit ?
Mais ose ce bruit, c'est de la vie.
Il te soulage et te relie
A toute l'humanité enfouie.

Nouvelle étoile brillera aussi.
Explore pleinement la galaxie,
Discontinu demeure le halo
Ca scintille et papillote

D'autres étoiles sont meurtries, toutes elles clignotent
Accueille les nuances, et valse avec la nuit.

 

Pour Lisa N.

© Corinne Carrot

 

 Extrait du film Bright star de Jane Campion sur la vie du poète John Keats (1795 - 1821) à propos de la poésie :
« L'art de composer n'est qu'une coquille vide, une imposture. Si la poésie ne vient pas aussi naturellement que les feuilles à l'arbre autant qu'elle ne vienne pas. La poésie est une expérience des sens. Par exemple, on ne plonge pas dans un lac pour immédiatement rejoindre l'autre rive mais pour être dans le lac et jouir de la sensation délicieuse que nous procure l'eau. Comprendre le lac n'a aucun sens, c'est une expérience qui dépasse la compréhension. La poésie nous nourrit, nous apaise et nous conduit à accepter le mystère. »

zero decherts actu 02 2017Ma ville organise une opération Zéro déchets.

Je suis sensible à notre empreinte écologique donc cela m'a interpelée. Cependant le terme "zéro" me gêne. "Zéro" me renvoie à "Absolu" et donc à "Irréel".

Alors, si, ça existe dans le réel : on m'a expliqué que des émissions télévisées montraient des gens qui vont en magasin avec leurs bocaux vides pour les remplir.

BocauxVracJe me suis dit que j'allais faire ça. Puis je me suis dit : "J'attends rarement d'être en rupture pour réapprovisionner, donc mes bocaux ne seront pas vides. Soit je dois tarer la balance du magasin, il faudra que je demande à un employé. Il devra rester avec moi pendant toutes mes pesées pour attester que je n'ai pas volé le delta entre le contenu et ce qui figure sur l'étiquette. Soit je dois acheter d'autres bocaux mais ça va me prendre de la place et est-ce écologique d'acheter des objets dont je n'avais jusqu'alors pas besoin ? Et cerise sur le gâteau, tous ces bocaux, en verre, pleins, seront lourds or je ne peux porter que 5 Kg à la fois et il y aura le reste des courses."

LoiDeParetoTrès fatigant rien que d'y penser.

A ce stade, je me suis remémorée mon ami Pareto !

"Agir sur 20% de causes permet de résoudre 80 % du problème".

Et surtout "Ne pas passer 80% de l'effort sur les 20% restants".

D'habitude, j'achète en vrac avec des sachets en papier que je réutilise. Quand ils sont vraiment percés, déchirés, je les mets dans la poubelle pour le recyclage du papier. Avec très peu d'efforts, je ne pollue (presque) pas la planète.

Me concernant, les bocaux à emmener dans le magasin, ce sont les 80% d'efforts pour les 20% restants et là je dis STOP.

STOP car c'est justement ce gros effort fourni pour atteindre le ZÉRO DÉCHETS qui peut amener les personnes adeptes de cette démarche absolue à éprouver un mélange d'incompréhension et de colère vis-à-vis de ceux qui choisissent de ne faire que les 20% les plus efficaces.

GateauDécoréÇa peut être la préparation d'un quatre quart en dix minutes puis une heure de décoration et le/la cuisinièr(e) va reprocher aux convives de ne pas s'être suffisamment exclamés devant la beauté du gâteau.

Ça peut être un dossier professionnel rendu sans fautes, parfaitement paginé, magnifiquement relié et l'auteur nourrit une amertume grandissante car ses collègues ne sont pas moins bien vus que lui alors qu'ils rendent des dossiers largement moins bien ficelés que les siens.

Ça en devient religieux. La personne a oublié qu'un jour, en toute liberté, elle a décidé de faire régulièrement un effort sur tel ou tel point. Et même si elle a en elle une compulsion perfectionniste, elle reste libre de ses actes.

islamJe compare cela à la religion car un ami musulman m'a expliqué la différence entre l'interdiction de manger du porc et la proscription de boire de l'alcool.

Ne pas manger de porc est inhérent à la religion musulmane. En manger signifierait "Je ne suis pas musulman".

Ne pas boire d'alcool est une proscription. Constat a été fait que l'alcool désinhibe et conduit parfois à des comportements inappropriés, notamment irrespectueux. Cela est contraire au comportement respectueux que préconise l'Islam. Donc l'alcool est banni dans le sens fortement déconseillé.

Lorsqu'on réalise des efforts importants de manière soutenue en constatant que peu de gens font de même, on peut être tentés de se rapprocher de ceux qui font cet effort, pour louer ensemble notre pseudo-religion et critiquer les mécréants.

 

noneVous l'aurez compris, il peut être intéressant de se demander dans quels domaines nous échappons à la loi de Pareto et versons dans une recherche d'absolu. Car l'isolement (serait-ce l'isolement d'un groupe) et l'amertume sont de terribles poisons.

 

Plus de pistes...
...pour tous :

Certains exigent d'eux-mêmes et des autres qu'il n'y ait aucune faute d'orthographe nulle part. Or le cerveau ne fait mentalement qu'une chose à la fois. Soit il pense à ce qu'il veut exprimer (le message) soit il analyse le contenu et cherche les fautes. Dans un échange informel avec famille ou amis, il peut paraître raisonnable d'accepter de rester dans les 20% efficaces, à savoir : le message que je veux faire passer. Il y a donc un juste milieu à trouver entre le langage texto et la langue pure sans aucune faute. Quand il s'agit d'un contexte où l'image que l'on va renvoyer est importante (recherche d'emploi, prospection clientèle...), cela vaut le coup d'aller un peu plus loin que les 20% d'effort. Dakor ?

 

 

berlin 630640 480

Une famille de trois enfants nous jouxte sur le quai SNCF.

Un des bambins demande : "Quels sont les numéros de place ?"

Le père répond : "74 à 78."

La mère se met à hurler : "Je prends la place 74 !!!"

Quatre visages l'interrogent alors, étonnés par sa réaction autant appuyée qu'impulsive.

La mère : "Bah 74 !" dit-elle avec une expression signifiant l'évidence.

Je comprends qu'elle est née en 1974.

Une fois dans le train, je continue de les observer. Le père et la mère s'aperçoivent que la place 74 est celle des cinq places qui est isolée, à part. Le mari pense que sa femme va changer de place pour faire le voyage avec lui. La femme reste immergée dans son choix limpide, catégorique et lumineux. Elle claque impitoyablement : "Bah je l'ai dit, je suis en 74". Le mari penaud, n'ose piper mot.

 

rocket launch 67646 480Il y a ainsi des choses qui dorment en nous et se réveillent brusquement de manière plus ou moins disproportionnée lors d'une évocation.

On estime que 90% des conflits de couple proviennent du fait qu'un des deux partenaires réactive une blessure d'enfance de l'autre partenaire. En quelques mots (voire un seul !), il appuie involontairement là où ça fait mal chez l'autre, là où c'était enfoui, ré-enfoui, enfoui encore, mais pas guéri. L'offense provoque de la colère et/ou de la tristesse. Quand des sentiments s'installent, ils se nomment haine, amertume, déception. Ils prennent le devant de la scène et l'amour, où se cache-t-il alors ? Le couple qui n'avait de cesse de se languir l'un de l'autre devient une guerre, déclarée ou larvée.

 

 

love 2053479 480Or cette guerre repose sur un énorme quiproquo : le partenaire n'est pas responsable des blessures originelles mais de leur réactivation répétée. C'est désagréable, certes, mais l'incriminer de tous les maux ne règle rien au problème de base : nous n'avons pas guéri de certaines de nos blessures d'enfant.

Pour éviter cette guerre, il est donc indispensable que chacun prenne conscience de ses écorchures intérieures, en informe son conjoint et prenne les moyens (temps, argent, énergie) de les guérir. Il est alors de la responsabilité du conjoint d'essayer d'éviter de s’appesantir sur les fêlures de l'autre et au contraire, de lui témoigner à quel point il l'aime malgré ces entailles. C'est dans l'accompagnement à la guérison que l'on peut démontrer l'étendue de son amour. Attention, il ne s'agit pas de guérir directement l'autre sinon on l'infantilise.

 

Peut-être le papa dans le train a-t-il eu un parent qui prenait des décisions sur des critères complètement irrationnels et, à certaines occasions, cela l'a profondément blessé ?

Peut-être la maman dans le train a-t-elle eu une enfance insécurisante et elle a pris l'habitude de se raccrocher à la superstition pour tenir bon ?

Mais si l'un et l'autre n'en ont pas conscience, ils n'en ont pas parlé l'un à l'autre et aucun des deux ne peut donc en tenir compte pour bien aimer son amoureux. Car là est l'enjeu : BIEN AIMER. Combien de fois dans un couple blesse-t-on l'autre puis on s'excuse, on dit qu'on l'aime puis on le blesse de nouveau ? Et cet amour n'est pas satisfaisant.

 

separation 2057205 480Par où commencer ? Observez les situations qui vous causent beaucoup d'émotions et celles où vous réagissez de manière disproportionnée. Il y a probablement lieu d'investir un peu plus en profondeur dans votre histoire.

 

 

ChaussettesMon fils aime porter des chaussettes dépareillées.
Parfois c'est lui qui assemble ses chaussettes propres quand elles ont fini de sécher. Parfois, c'est moi.
Dans mon cadre de référence, il doit cependant y avoir une harmonie de couleurs, c'est évident. Comme c'est une donnée de départ pour moi, je ne l'interroge pas.
Hier matin, j'appaire les chaussettes de mon fils et m'aperçois qu'il me reste une chaussette grise unie et une chaussette bleue à motifs. Je me dis que c'est forcément une erreur. Je regarde dans l'armoire et vois une paire identique à celle que je viens de créer dans la contrainte. C'est forcément une erreur, j'ai dû laver une chaussette puis dans une autre lessive une autre donc mon fils a été contraint de réaliser cette paire disharmonieuse.
Je sépare des paires qui étaient déjà rangées pour ne constituer que des paires dépareillées mais dans les mêmes nuances.
Quelques minutes plus tard, mon fils s'habille et m'interpelle :
"C'est toi qui as changé mes paires de chaussettes ?
- Bah oui, ça n'allait pas du tout ensemble.
- Mais non, c'était très bien.
- Quand les chaussettes restent dans les mêmes tons, ça va. Mais là c'était hard !
- Quand je mets des chaussettes de couleurs différentes, je ressens la même chose au niveau de mes pieds. Si je mets des chaussettes d'épaisseurs différentes, là c'est hard, c'est très inconfortable.
- Ah oui, ok ! Donc c'est ça qui est hard."

OpenMindedEsprit vaste et esprit petit, dit le Bouddhisme.
Combien de fois ai-je constaté que, partant d'une certitude, je ne m'interrogeais nullement et me privais d'une multitude d'éléments dont j'avais pourtant besoin pour dénicher la vérité ?

Nous n'avons que rarement (jamais ?) absolument tous les éléments, donc nous ne pouvons pas accéder facilement à la vérité. Mais justement ! Si nous ne faisons aucune recherche, nous sommes alors très loin de la vérité, nous sommes même peut-être dans une obscure impasse !

Il nous arrive ainsi d'avoir des conclusions hâtives, d'arrêter telle position sur tel sujet alors qu'un peu de temps, un peu de recul nous allouerait davantage de souplesse, d'intelligence.

Nos préférences, nos croyances réduisent notre champ de vision.

En faisant un pas de côté et en ouvrant nos fenêtres intérieures nommées certitudes, nous pouvons participer à plus de paix sur terre.

LeScaphandreEtLePapillonHier soir, j'ai revu le film Le scaphandre et le papillon*.

Le personnage principal, Jean-Do, se retrouve entièrement paralysé suite à un AVC. Il est conscient de son état. C'est ce qui est véritablement arrivé au rédacteur en chef du magazine Elle, Jean-Dominique Bauby, fin 1995. Le film est tiré du livre éponyme écrit par Jean-Dominique Bauby.


Je me souvenais parfaitement que j'avais pleuré du début à la fin, au premier visionnage de ce film. Je savais que les mêmes rivières couleraient. Et pourtant, c'est avec joie que j'ai entamé la lecture du DVD. Car ce film est un petit bijou.
Je me suis rendue compte par la suite que le réalisateur du film, Julian Schnabel, était avant tout un peintre et j'ai mieux compris pourquoi la majorité des plans ressemblent à des tableaux.
Il y a un parti pris esthétique qui transcende la tristesse, la fatalité. Bien que le héros n'ait pas du tout vécu la situation entouré de cette beauté, cela équilibre, pour nous spectateurs, le côté plombant intrinsèque à la situation.
Dans Intouchables, c'est la spontanéité, l'humour de Driss qui rééquilibrent la situation vécue par Philippe.
Julian Schnabel prend garde de ne pas partir non plus dans un onirisme envahissant. Le corps du héros est bien là. Il existe bien que paralysé, avec sa vérité toute crue.

Jean-Do ne peut communiquer qu'avec le clignement d'une paupière. A côté de nos habituels bavardages, pour lui, chaque mot (chaque lettre !) est compté.
Il est intéressant de constater que Jean-Do va utiliser cette infime capacité pour réaliser ce que nous sommes les seuls à savoir faire : imaginer, croire.
D'autres espèces animales échangent des informations mais nous sommes les seuls à imaginer, à focaliser nos pensées sur un concept, à y croire collectivement :

  • superficiellement, par exemple en parlant à un collègue de tel personnage de telle série comme s'il existait vraiment ("Tu crois que Tommy va survivre ? Lara l'a bien amoché quand même, avec son marteau.")
  • profondément, par exemple quand le fait de croire en Dieu ou en la justice ou en... nous fait déplacer des montagnes.

 

Il est émouvant d'ailleurs, de voir les soignants affirmer à Jean-Do : "Vous irez mieux." et unir leurs espoirs par des hochements de tête convaincus-convaincants mutuels. Ces plans de quelques secondes sont à eux seuls un hommage rendu à tous les soignants.
Et je repense au film Le patient anglais dans lequel le comte Laszlo de Almásy, mourant suite à ses très graves brûlures, interroge Hana sur son dévouement. Elle répond tout simplement : "Because, I'm a nurse."

Pour Jean-Do, c'est un peu comme s'il y avait un entonnoir : ses pensées, son imagination fonctionnent parfaitement. Il va les partager (donc vivre) par le clignement d'une paupière. Un océan partagé au compte goutte avec l'indispensable aide de Claude.
Roussin, ex-otage, dit d'ailleurs à Jean-Do : "Il faut que vous vous raccrochiez à ce qui fait de vous un humain."

 

narrative 794978 340Et nous ? Profitons des vacances pour accompagner nos enfants ou nous-mêmes sur le chemin de l'humanité : aidons-les à exprimer leurs pensées, leurs émotions, leurs idées même farfelues. Qu'ils aient un environnement favorable pour imaginer des histoires.


Voici ce que j'ai mis en place avec mon fils. J'ai récupéré 5 enveloppes sur lesquelles j'ai écrit :

  1. PERSONNAGE
  2. LIEU
  3. ÉPOQUE
  4. ÉLÉMENT DÉCLENCHEUR
  5. AMBIANCE


baron munchausen 74043 340Je lui ai demandé de découper plein de petits papiers puis j'ai imaginé des éléments pour chaque enveloppe.
Quand vient le week-end, mon fils tire un papier de chaque enveloppe puis invente une histoire.
Il fait des recherches sur l'époque et le lieu, cela lui fait travailler l'histoire et la géographie sans qu'il s'en aperçoive.
Ensuite, je l'aide à retravailler le style, la cohérence des temps, l'orthographe.

 

school 937643 340Quand il nous lit l'histoire finalisée à haute voix, il constate dans nos regards que nous partons avec lui. Nous avons quitté notre quotidien et avons rejoint les personnages, le lieu, l'époque de sa création. Nous y croyons pendant les quelques minutes de lecture.
Et c'est l'occasion d'expliquer à mon fils pourquoi l'expression française doit être parfaite. En effet, au moindre accroc, nous quittons l'histoire, la bulle éclate et nous tombons.
Il sait de quoi je parle car lorsqu'il remarque un "faux-raccord" dans un film, il n'y croit plus, il sort du film.


Prenons un peu de temps pour utiliser ce don que nous sommes les seuls à posséder : imaginer, croire.

Je vous souhaite un joyeux Noël.

 

(*) : Le film a reçu le prix de la mise en scène et le prix Vulcain de l'artiste technicien pour le directeur de la photographie au festival de Cannes 2007, le prix du meilleur réalisateur et le prix du meilleur film en langue étrangère à la 65e cérémonie des Golden Globes, le prix du meilleur film par l'académie Lumière, le prix Jacques Prévert du meilleur scénario, le prix du meilleur acteur et le prix du meilleur montage lors de la 33e cérémonie des César.

Deux de mes collègues n'ont plus de chauffage depuis plusieurs semaines.

Je viens d'apprendre que je vais devoir refaire un séjour en centre de rééducation fonctionnelle.

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Ah mais oui !... N'est-ce pas un petit miracle de rentrer à la maison et de profiter d'une température confortable même s'il fait 5°C à l'extérieur ?

Chaque jour sans douleur n'est-il pas un petit miracle en soi ?

Et constater tout ce que j'ai réalisé en une seule journée ?

Et voir mes ados en bonne santé et heureux ?

Et ces magnifiques couleurs rougeoyantes dans le jardin ?

Et cette musique qui me met de bonne humeur ?

Notre vie est emplie de petits miracles. Miracles de la nature ou miracles de coopération humaine.

Et vous ? Quels petits miracles aujourd'hui ?

Poème dédié à tous ceux qui souhaitent que leur couple dure, dans l'amour :

PoemeADeuxPourLaVieCorinneCarrot2015

 

Texte de Joshin Luce Bachoux sur la poésie :

"Ah, c'est de la poésie... Moi, vous savez..." Inconsciemment le monsieur recule d'un pas, et moi, je reste là, le livre proposé au bout du bras. La poésie ! Pensez, comme si on avait le temps de lire de la poésie ! En plus c'est incompréhensible ou bébête, alors... Que dire pour le convaincre que la poésie, c'est d'abord voir le monde à travers les yeux d'une autre personne ; que son point de vue sera différent du mien et me fera voir ce que je ne regarde pas, ce qui m'échappe, ou tout simplement réveillera mon esprit routinier en me permettant de m'ouvrir à ce qui est là, juste sous mon nez, mais que j'oublie, perdue dans mes pensées ! (...) La poésie n'est autre chose que la présence de l'autre, l'écoute de sa parole - et cela, c'est la vie même.

Paru dans LA VIE du 22 septembre 2016

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L'écoute de la chanson L'instinct de Johnny Hallyday (paroles de Gérald de Palmas) me donne l'occasion d'éclaircir une confusion fréquente entre instinct et intuition.

Une des caractéristiques de l'instinct : lié à notre animalité, nous en sommes tous pourvus. Citons comme exemples certaines peurs (du noir, de l'inconnu, des prédateurs, du vide, de la mort, de la maladie), ce qui est lié à la survie (séduction, accouplement, élevage).

Chez l'homme, l'éducation (voire les lois) encadre l'expression des comportements instinctifs. Une partie du message de Johnny pourrait donc se traduire par "J'aime me laisser aller comme un animal". C'est forcément plus simple et plus facile ... mais ça n'est pas sans conséquences sociales !!

 

Johnny chante : "Sais-tu pourquoi j'ai confiance ? J'écoute toujours mon sixième sens."

Il existe plus que cinq et même plus que six sens (une dizaine en réalité). Les sens ne sont pas numérotés et Le sixième sens est une expression qui signifie parfois intuition (c'est le cas dans la chanson de Johnny) et parfois P.E.S. (Perception Extra Sensorielle) donc une expression induisant en erreur puisque ni l'intuition ni la P.E.S. ne sont des sens physiologiques.

L'intuition, comme l'instinct, nous dicte un comportement. Mais, elle le propose comme un murmure intérieur. Notre vie trépidante en tient peu compte pour deux raisons : sa discrétion et son manque de crédibilité (elle ne survient pas suite à un raisonnement).

averseEt pourtant, l'intuition s'appuie sur des milliers de perceptions et d'informations que nous avons emmagasinées.

Exemple : Chaque été, il m'arrive de prédire à la minute près qu'il va pleuvoir. La phrase "Il va pleuvoir" me vient directement au bon moment. Si je prends ensuite le temps de réfléchir comment j'ai pu prédire cette pluie, je reconnais que j'ai enregistré chaque été depuis mon enfance que lorsqu'il a fait très chaud, que le ciel est chargé de nuages très noirs et que le vent s'est levé, il se met à pleuvoir. Mon cerveau, ma sensibilité ont enregistré des dizaines de fois les circonstances précises du moment où la pluie commence.

C'est ainsi que fonctionnent les gens qui cernent immédiatement la personnalité d'autrui. Ils connaissent très bien les différents aspects des divers types de personnalités humaines et, à partir d'une somme d'informations massives enregistrées passivement ou activement, ils utilisent ensuite leur intuition pour exposer leurs prédictions. Dans ce cas, cela relève donc davantage des probabilités que de la science mais c'est intéressant de voir des personnes utiliser à ce point leur intuition. Certains abusent de l'ascendant qu'ils peuvent prendre sur des personnes fragiles ou facilement impressionnables ... restons vigilants !

L'intuition envoie des messages directs, souvent à peine perceptibles. C'est un arrêt net au moment de fermer la porte et de s'en aller "J'ai oublié quelque chose." Le cerveau sait que nous avons oublié quelque chose mais comme l'intuition ne passe pas par le raisonnement, rien d'autre ne vient et souvent, nous décidons de fermer la porte et partir au lieu de revenir dans la maison et se donner le temps de chercher.

Oui, Johnny, nous devrions faire davantage confiance à notre intuition. Elle est à rapprocher de l'intelligence intrapersonnelle, une des huit intelligences discernées par Howard Gardner.

 

L'amalgame entre instinct et intuition s'explique par :

  • le rôle des circonstances comme point de départ de la réaction
  • le frein de l'expression par l'éducation
  • l'absence de réflexion, de raisonnement

Vous connaissez la rubrique du blog Je ressens donc je pense donc je suis ; dans le cas de l'instinct et l'intuition, on prend un raccourci réel (instinct) ou fictif (intuition) : Je ressens donc je suis !

 

Et pour finir, je vous invite bien entendu à vous entraîner à distinguer l'instinct et l'intuition dans votre quotidien : bon amusement ;) !

En bonus : deux documents aidant à reconnaître les intelligences que nous avons développées et celles que nous pouvons développer :

INTELLIGENCES MULTIPLES DOC1

INTELLIGENCES MULTIPLES DOC2

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Petit moral ce matin.

Des travaux qui s'éternisent, une météo maussade, mon dos qui me fait souffrir et me rappelle mon handicap, mes enfants partis en camp hier, ...

En général, à ce stade là, je glisse vers de mauvaises petites décisions.

Mais cette fois, je prends conscience que, petit moral ce matin. Et, légère amélioration, je reste dans le ressenti.

La phrase de ma mère (phrase qui me bouscule depuis sept mois) "Finalement, ton livre c'est tout ce que tu n'appliques pas à toi-même"  me donne pour la première fois une once d'énergie qui me dirige vers mon livre. Je suis censée faire quoi là maintenant, dans cet état précis ?

La trousse d'urgence.

Qu'ai-je mis dans ma trousse d'urgence ?... Ah oui, une vidéo marrante. Pas besoin d'aller sur l'ordi, je me la passe dans la tête. Je souris.

Un tout petit rien d'énergie en plus. Je sens que quelque chose s'inverse, que je ne regarde plus le sombre mais le clair.

Et me voici à vous rédiger cet article sur le vif (rare !).

Je perçois tellement, dans cet instant, la frontière invisible. De la vexation latente qui abat, je suis passée à la vexation qui renvoie vers l'action.

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Je suis toujours en train de lire Le test du marschmallow (Voir aussi l'article Station to station) et c'est impressionnant de constater à quel point nos pensées, selon qu'elles soient tournées vers l'ombre ou la lumière, influencent notre vie.

Les personnes sensibles vacillent peut-être plus facilement de la lumière vers l'obscurité mais cette facilité vaut aussi pour le trajet inverse. Nous avons les forces de nos faiblesses. Reconnaître sa sensibilité, c'est pouvoir ensuite l'utiliser pour repérer le passage de la frontière invisible et se retourner en douceur vers l'esprit vaste. Une sorte de sport cérébral !

Je vous souhaite de très bonnes vacances.

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Installée seule au premier étage d'un restaurant, j'ai une vue dégagée sur l'escalier. Une jeune fille arrive en haut des marches. Elle va directement vers le fond de la pièce, aveugle et calme car dépourvu de clients. Une autre jeune fille arrive en haut de l'escalier. Elle constate que son amie s'est installée dans le coin obscur et tranquille. Elle s'arrête net et ne rejoint pas son amie. La première jeune fille ne revient pas sur ses pas non plus. Elles sont trop éloignées l'une de l'autre pour se parler. Avec leurs bras, leurs mains et avec l'expression de leur visage, elles expliquent l'une à l'autre que leur choix d'emplacement est le meilleur. Explications, supplications, menaces, tout y passe ! Finalement, la jeune fille qui était arrivée en premier rejoint la deuxième et elles s'installent près d'une fenêtre, dans le brouhaha.

 

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Je suis en voiture sur une voie prioritaire. J'approche d'un croisement avec un stop à ma droite et je lève le pied de l'accélérateur tout en observant avec attention la venue d'une voiture de cet embranchement.
Le nez de cette voiture dépasse, puis me force le passage.
Le conducteur a-t-il perçu ma prudence et en a profité ? Est-il inconscient et aurait-il de toutes façons brûlé le stop ?

 

 
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Vouloir posséder (force, argent, objets, bâtiments, territoires, connaissances, influence, ...) et vouloir rentrer dans les bonnes grâces de ceux qui possèdent, c'est instinctif. On peut appeler cela l'instinct dominant / dominé.
Cet instinct occasionne une multitude d'attitudes plus ou moins complexes dans une multitude de situations de notre vie.

 

 
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Ces deux petits exemples me donnent l'occasion de vous proposer de réfléchir sur les diverses situations et attitudes que vous vivez, eu égard à cet instinct que nous avons tous. En fonction des aléas de la vie, vous êtes peut-être "confortablement" installé dans une position de dominant ou de dominé ou les deux à la fois selon les personnes, les lieux de vie.
J'aime le titre du livre "Etre heureux, ce n'est pas nécessairement confortable."
En quelques mots, tout est dit.
Car il est confortable de ne laisser parler que ses instincts, ses croyances, son inconscient, ... et de ne jamais rien remettre en question, mais cela ne mène nullement au bonheur.
Il est inconfortable d'essayer de bouger nos lignes intérieures, de s'éduquer, de chercher à se respecter et respecter autrui ... mais cela nous révèle pleinement en tant qu'être humain et cela nous conduit au bonheur.

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Les actualités m'informent de la noyade de migrants et d'un tremblement de terre au Népal.
Je viens de visionner le film Soleil de nuit et je me suis dit à la fin : "Nous devrions nous battre sans relâche pour la liberté de ceux qui n'en bénéficient pas."
 
Tant d'injustices, de pauvreté, de malheurs.

Il y a plus de joie à recevoir qu'à prendre, et encore plus de joie à donner qu'à recevoir. Mais par où commencer ? (pour certains) Et où s'arrêter ? (pour d'autres).
 
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Sur les neuf types de l'énnéagramme (voir aussi l'article Sous pression), les types 1, 2 et 8 sont typiquement ceux qui se montrent particulièrement sensibles à cette problématique.
 
Le type 1, en perfectionniste, voudrait pouvoir tout résoudre.
Le type 2 est inconsciemment convaincu qu'on l'aimera s'il est généreux. L'aide aux autres, c'est toute sa vie.
Le type 8 est touché par les injustices, il ne craint pas de batailler pour les combattre.
 

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Nous parrainons des enfants en Asie grâce à l'association Enfants du Mekong.
Nous sommes allés les rencontrer en famille il y a quelques années. Nos enfants avaient alors cinq et huit ans. Cela contrariait énormément mon grand-père que nous les emmenions à l'autre bout de la terre. Il m'a dit, en colère : "Des pauvres, il y en a ici !!!"

C'est un savant mélange d'histoire personnelle et de conjoncture qui nous a amenés à parrainer ces enfants. Il était vain de l'expliquer à mon grand-père, encore sous le coup de l'émotion, il avait surtout besoin d'être rassuré.

Mais j'ai trouvé intéressante sa remarque acerbe.

Je poursuis la réflexion ainsi :

  • Nous ne pouvons pas aider tout le monde. Le vouloir, c'est s'octroyer des super-pouvoirs que nous n'avons pas, en tous cas, pas seuls.
  • Nous pouvons donner un petit peu quand nous sommes sollicités directement, de personne à personne, pour préserver notre dignité et la dignité du quêteur; garder à cet effet quelques pièces dans sa voiture, dans ses poches, dans un tiroir à l'entrée du logement.
  • Nous pouvons laisser parler notre coeur et les circonstances (ami dans pays pauvre, voisin dont la famille vit dans un pays en guerre, ...), ils nous emmèneront dans une direction précise pour nous investir davantage en temps (ex : engagement annuel ou ponctuel dans une association), en argent (ex : don), en énergie (ex : course solidaire).

 

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Ceci illustre une nouvelle fois qu'adhérer au présent, au réel, n'est pas simpliste. Il s'agit d'utiliser nos sens, nos émotions et nos facultés intellectuelles. Le bénéfice en vaut la peine : nous nous sentirons vivants et pleinement humains.

Car ne jamais rien donner ou vouloir donner tout le temps relèvent d'extrêmes. Or l'absolu s'éloigne de la réalité au lieu de la rejoindre.

A vot' bon coeur ... !

 

Retrouvez ici les sites regroupant les associations qui recherchent des bénévoles.

Retrouvez ici les conseils d'Etienne Villemain pour accueillir les pauvres.

 

 

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Jean-Gabriel Causse* explique dans le numéro 16 de Maison Française Magazine que le rose est peut-être associé aux filles depuis les années 1780 où "Marie-Antoinette en usait et en abusait dans son Petit Trianon à Versailles [...]. Et comme la belle blonde était connue pour ses frasques amoureuses, les hommes de la cour n'osaient plus porter cette couleur, de peur de passer pour "un peu trop proches" de la reine. Les femmes de Paris, pour qui Marie-Antoinette symbolisait la mode absolue, adoptèrent en masse cette couleur, et les hommes, eux, l'abandonnèrent."

C'est dommage car M. Causse met aussi en avant les apports du rose sur notre mental. Quand nous regardons cette couleur, nous activons les mêmes zones du cerveau que lorsque nous ressentons du bonheur.
Il aura fallu attendre plusieurs dizaines d'années pour que les hommes osent porter de nouveau du rose ! Les conventions ont la peau dure.

 

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J'aime cet exemple car il traduit parfaitement une notion importante pour notre développement : reconnaître les croyances qui nous figent. N'oublions jamais que la nouveauté agit comme un anti-dépresseur et qu'elle est souvent à portée de main ; mais les habitudes ...
Des milliers d'hommes n'ont pas porté de rose par convention sociale sans même savoir d'où cette convention provenait.

 

 

 

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Je mets en parallèle cet article sur le rose avec "L'Enfance captive" de Jean-Claude Dorchies (Ed. Riffle Nord) que je lis en ce moment. L'ouvrage raconte l'enfance d'Edouard, rythmée par les conventions sociales, justement, pendant la décennie qui suit la seconde guerre mondiale.
L'auteur décrit le quotidien avec une minutie qui va bien au-delà de la conception que je me faisais du détail, c'est tout simplement prodigieux.

Les quelques fois où j'ai essayé de comprendre le pourquoi de mai 1968, on m'a répondu "Contre l'ordre établi". Et c'était abstrait pour moi, je n'étais pas plus avancée. "L'Enfance captive" me fait toucher du doigt ce que les soixante-huitards signifiaient par "l'ordre établi".
C'était cet immense registre de conventions sociales que tout le monde appliquait, subissait. Et puis il y a eu une génération qui n'a plus supporté ce carcan.

Jean-Claude Dorchies nous fait remonter le temps, nous emmène dans un univers figé, contraint, empli d'obligations qui existent par elles-mêmes, chacun se mettant la pression par le regard des autres, eux-mêmes sujets à des obligations identiques :

- passer chez tels membres de la famille, tels voisins, tels amis à des dates précises du calendrier.

- avoir une pièce de la maison qui sert de faire-valoir, avec ses meubles qui en imposent, mais où personne ne va jamais, hormis fête de famille.

- posséder un service de table ultra-complet utilisé aux grandes occasions et dont quelques éléments ne serviront jamais.

- acheter des gâteaux à la pâtisserie, le dimanche uniquement mais tous les dimanches.

- faire la tournée des cimetières, avec un protocole réglé comme une pendule.

- répéter les mêmes phrases, toujours les mêmes phrases aux enfants : "Ne touche pas." "Ne gaspille pas." "Tiens-toi bien."

- etc.

 

 

 

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Il est certain que le virage pris, ne le fut pas à 90°, mais à 180° : Ces jeunes de mai 68 étaient épris de libertés individuelles. La nature ayant horreur du vide, les médias et le marketing ont pris, main dans la main, la place laissée vacante et nous font croire que nous ne pouvons pas vivre normalement sans écrans, sans être à la mode, sans offrir les jouets derniers cris aux enfants, etc.

D'autres temps, d'autres croyances mais toujours des obligations car "les autres le font".

 

Récemment, on s'étonnait que je ne choisisse pas blanc pour repeindre un plafond. "Pourquoi pas ?" ai-je demandé. "Bah, d'habitude tout le monde peint le plafond en blanc."

On n'a pas fini de chercher à être libre.

 

Plus de pistes...
...pour tous :
Par-delà ces croyances qui nous font nous comporter comme des moutons, le sentiment d'appartenance est un besoin tout à fait légitime. Ce ne serait pas forcément bon signe, de systématiquement vouloir faire différemment des autres, et ce serait probablement révélateur, au final, d'une autre croyance !

Et si nous prenions un moment pour discerner quand nos choix proviennent d'abord d'un besoin d'appartenance à un groupe ou quand ils correspondent d'abord à l'expérience que ce choix est bon pour nous (les deux sont heureusement compatibles mais amusez-vous à voir ce qui vient en premier).

...pour les parents :
Essayez d'aborder ce point avec vos enfants de plus de sept-huit ans. Exemple : Va-t-il (elle) à cette fête d'anniversaire parce qu'il (elle) s'en fait une joie ou parce que tous les copains sont invités donc il (elle) se sent obligé(e) ? N'allez pas plus loin, il s'agit juste de percevoir des ressentis.

Vous pouvez aussi partager avec votre enfant une situation qui vous est arrivée. Exemple : "Tu vois, tous les voisins ont une tondeuse à gazon alors j'en ai achetée une aussi, sans vraiment réfléchir, par mimétisme. En fait, je me rends compte que nous avons beaucoup moins de surface gazonnée qu'eux. Cet achat n'était pas indispensable."

 

* M. Jean-Gabriel Causse est membre du comité français de la couleur, auteur de "L'étonnant pouvoir des couleurs" (Ed. du Palio).

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Je suis passée par toutes sortes d'étapes vis-à-vis de la compréhension du mot méditation.
Les dictionnaires français le définissent comme une étude de texte; je refusais donc d'utiliser le terme méditation pour qualifier ma pratique de zazen.
Puis j'ai lu un article éclairant, expliquant que le mot n'était pas entendu de la même manière selon les régions du globe.
En occident, on le rapproche de l'étude de texte. En orient, la méditation est associée au silence et à la respiration.
 
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Je comprends désormais que, sous ce terme, il y a le même projet de s'ancrer dans une conscience, dans une prise de recul par rapport aux pensées envahissantes, de revenir au réel par l'expérience communiquée avec :
- des mots, par des sages qui nous ont précédé en Occident. Mots qu'on laisse agir dans notre esprit, qui calment nos pensées infécondes et nous nourrissent.
- des postures, des mouvements du corps, par des sages qui nous ont précédé en Orient. Postures qui favorisent une respiration profonde, une meilleure oxygénation des cellules, une circulation de l'énergie interne plus fluide, une détente véritable.
 
Même but donc, et chemins complémentaires pour y parvenir.
 
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Au plus nous sommes blessés, au plus notre inconscient nous pousse à nous renfermer.
Au plus nous sommes blessés, au plus nous aurions besoin de faire circuler ce qui est bloqué en nous.
Or nous osons moins nous ouvrir, d'où l'importance d'ancrer la méditation dans le quotidien, de quelque type qu'elle soit, afin d'y avoir aussi recours quand nous sommes renfermés, quand nous en aurions le plus besoin.
 


Il est difficile de méditer quand nous avons l'habitude de réfléchir. Nous n'arrivons pas du tout à nous concentrer sur le texte ou la respiration.
 
La méditation dynamique est alors la plus adaptée pour faire circuler ce qui est "coincé" en nous et qui se manifeste par de l'énergie bloquée au niveau d'un organe, d'un muscle ou / et des pensées envahissantes.
Grâce à une succession de musiques adaptées, à des gestes libres ou semi-dirigés, l'énergie, les pensées vont pouvoir se transformer, évoluer.

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Voici quelques pistes de méditation dynamique :

En groupe : La danse des 5 rythmes avec un enseignant certifié (Adobe Flash Player requis pour lire ce lien), Danse et gestes de prière avec Anne Desmottes.
Chez soi avec un CD : OshoBhagvati Granier

 

Que l'énergie circule !

 

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"La différence, une chance."

Mon sang n'a fait qu'un tour à la lecture de ce slogan. J'ai tout de suite présumé, à raison, que derrière le mot différence, le collège de ma fille signifiait "handicap".

Je ne vis pas mes différents handicaps comme des chances. J'ai appris, j'ai découvert grâce à eux mais impossible de les réduire à une "chance". En tous cas, pas possible pour moi, aujourd'hui.

"Allez, calme-toi, me suis-je dit. C'est juste un slogan. C'est court, ça rime, c'est fait pour accrocher, pour servir de titre aux réunions, aux comptes-rendus liés à cette campagne de sensibilisation, organisée avec des associations accompagnant des personnes porteuses de handicap."

 

 

J'ai cliqué pour accéder à l'article complet. J'ai lu tout ce qui avait été proposé aux collégiens. J'ai trouvé ça chouette. L'article se termine par une reprise du slogan.

ModeAdolescentsEt puis, ma pensée a continué de cheminer et je me suis rappelée à quel point certains collégiens souffrent d'être rejetés du fait de telle ou telle différence. Il y a un positionnement :

  • Certains cherchent à être différents, c'est quasiment leur manière d'exister.
  • D'autres passent beaucoup de temps à observer et à écouter puis à imiter pour être sûrs de ne commettre aucune faute.
  • D'autres encore, n'ont pas toute latitude car leurs parents les ramènent à des réalités pratico-pratiques : "Tu auras froid." "C'est trop cher." "Dans deux semaines, ce sera en lambeaux."

Je comprends donc la démarche du collège. Cette sensibilisation s'adresse d'ailleurs aux élèves de sixième.

Il n'empêche, la vie est déjà assez compliquée comme ça, on se passerait bien de ce qui nous la complique encore davantage !

J'ai plutôt envie de résumer par : "La différence est intrinsèque à notre condition d'humain. Le handicap est une épreuve, occasion d'expériences de solidarité, de créativité et de dépassement de soi."

Mais c'est long et ça ne rime pas !

Dédié à Dorian

Je vous propose d'écouter "Ceux que l'on met au monde", une chanson de Lynda Lemay :

Regarder cette vidéo sur Youtube

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Hier, une amie m'a dit que lorsqu'elle était jeune, ses proches lui renvoyaient qu'elle avait l'air froide, insensible. Et elle, trouvait cela tellement loin de sa propre perception.

 

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J'ai appris hier soir que David Bowie était mort. J'ai été choquée et je me suis dit que cela ne devrait pas être rendu possible. Renvoi à cette impression désagréable de subir. Cependant, j'étais préalablement absorbée par mon travail et une fois le coup accusé, je me suis remise à l'ouvrage. Ce matin, j'ai vu sur Facebook qu'une de mes amies avait écrit un très beau mot à propos de la mort de David Bowie et qu'elle pleurait comme une madeleine. Je me suis mise à pleurer moi aussi.

D'une part notre apparence ne révèle pas toujours notre vie intérieure. D'autre part, nos réactions sont parfois à retardement. Quels apprentissages répétés avons-nous faits de l'incidence de montrer nos émotions ? Quelle disponibilité a notre mental pour les exprimer ?

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En ce moment, je lis Il faut qu'on parle de Kevin de Lionel Shriver. Kevin use toute son énergie à se maîtriser. Il choisit un comportement différencié selon les personnes et s'y tient. Il joue au gentil fils à papa alors qu'il hait son père et lui en veut de ne pas gratter sous le vernis "du fils a priori parfait". Au collège, il s'applique à ne pas étaler son intelligence. Il met tout en œuvre pour avoir exclusivement des notes B. Et révèle son art de la maîtrise en restituant des devoirs uniquement composés de mots de trois lettres.

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Regarder cette vidéo sur Youtube

Je lis aussi Le test du marshmallow de Walter Mischel. Ce professeur en psychologie a étudié pendant des années la capacité d'enfants à résister à l'attrait d'une friandise immédiatement disponible pour bénéficier de deux friandises au bout d'environ quinze minutes. Pour résumer : une sucrerie tout de suite ou deux plus tard, quelle est l'action de l'enfant ?
Le livre s'intéresse aux ressorts de la volonté et établit, grâce aux scanners cérébraux, que les enfants qui parviennent à attendre ont la zone du cortex préfrontal (qui sert à la résolution de problème, à la pensée créative et au contrôle de l'impulsivité) plus active. Les enfants qui ne parviennent pas à attendre ont le striatum ventral (qui est associée au désir, au plaisir et aux addictions) plus actif. Les personnes à fort report disposent de freins mentaux puissants. Les personnes à faible report disposent quant à elles d'un moteur puissant.

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Lorsque l'attitude d'un proche nous surprend, réveille en nous des émotions, nous pouvons tout simplement le questionner avec bienveillance : "Que ressens-tu ?".
Cela permet d'éviter des quiproquos et l'enclenchement d'un cercle vicieux de pensées-émotions-pensées-émotions à l'intérieur de nous-mêmes.
Mais gardons à l'esprit que nous n'avons pas de pouvoir sur les croyances que l'autre s'est forgé concernant les dangers de l'expression personnelle. Nous pouvons cependant le rassurer sur nos intentions.

Je vous souhaite une année 2016 emplie de partages et d'indulgence.

 

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Dès qu'il fut jeune homme, il s'est éloigné de sa famille.
Il est maintenant retraité, venu rendre visite à sa famille, et nous l'écoutons.
Nous ne l'avons pas vu depuis des années et c'est en dizaine d'années qu'il nous faut compter pour retrouver la dernière fois où nous avons ainsi papoté en petit comité.
Son monologue tourne autour des habitudes de son grand-père, des phrases tic de telle de ses tantes.
Et c'est tout le petit monde de son enfance qu'il fait revivre.

 

 

Je me demande à quelle fréquence il a raconté ses histoires pour faire vivre dans sa mémoire sa famille, éloignée géographiquement pendant 50 ans.

Notre mental met en place des stratagèmes pour nous protéger, pour nous aider à vivre.

 

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Cela m'évoque un autre homme. Il fut retenu prisonnier et chaque jour, il s'est remémoré l'ordonnancement des pièces dans sa maison, la place des objets, pour garder contact avec le réel, avec son quotidien d'avant la prise d'otage.

 

 

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Maslow avait compris que le besoin de sécurité est un besoin important.
Il y a la sécurité de notre intégrité physique, la sécurité financière, la santé, une vie affective qui nous permet de nous développer plus qu'elle ne nous fait souffrir. Ces sécurités concourent toutes à nous apaiser.

Il y a toutes sortes de détails qui nous renvoient du danger (arrivée d'un nouveau n+1 au travail, chute d'un enfant, retard à répétition du partenaire, nouvelle ride sur le visage, etc) ou de la sécurité (réfrigérateur rempli, prise de sang excellente, preuve d'amour, enfant joyeux, etc).

Un enfant qui se sent fortement insécurisé est trop jeune, manque de maturité pour dire "Pourriez-vous, s'il vous plaît, mettre en place des petites choses concrètes qui me rassureront et feront grandir mon sentiment de contrôle de la situation ?"
L'inconscient de l'enfant va prendre le relai, il est très créatif !

 

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Il va par exemple faire vivre dans l'imagination de l'enfant un copain-doudou qui aura la caractéristique avantageuse d'être infailliblement toujours disponible. Il va partager sa vie avec lui.
"A qui parles-tu ?"
"Bah à Tom."
"Mais enfin, il n'y a personne avec toi."
"Bah, si. Il y a Tom. Tu veux encore des pâtes Tom ? Moi je n'en ai plus envie, j'ai bien mangé."
Evidemment, ça peut mal tourner si les parents ont une relation particulière avec les notions de réalité, de vérité, de rationalité, ...

L'enfant peut aussi se mettre à tout ranger, à tenir sa chambre de manière impeccable. Ça lui donne un sentiment de maîtrise.

La palette d'adaptations est vaste !

 

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Il y a quelques années, j'ai lu "L'irrégulière", une biographie de Coco Chanel par Edmonde Charles-Roux.
Gabrielle Chanel, dite Coco Chanel, a toujours pris soin de cacher ses origines pauvres.
Elle a vécu toute sa vie dans la recherche du contrôle de l'image qu'elle donnait et de la dissimulation des informations la concernant.
L'auteur de la biographie n'émet donc que des hypothèses.
Le mental de Gabrielle Chanel a mis en place des stratégies pour répondre à son besoin de sécurité.

 

 

Plus de pistes...
...pour tous :
Dans quels domaines je me sens en sécurité ? Et dans quels domaines non ?

...pour les parents :
Cet article est une nouvelle occasion d'observer votre / vos enfant(s) :)

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J'ai écrit un poème pour sublimer une grosse frayeur qui restait à me hanter.

Vous n'avez pas l'habitude d'écouter de la poésie ?
Lisez au préalable ces conseils, provenant d'une interview du poète Philippe Mac Leod pour le magazine LA VIE. Cliquez sur l'image.

 

 

 

 

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Un poème, ça s'écoute :) ! Cliquez ci-dessous :

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Regarder cette vidéo sur Youtube

 

Piégée par ma phobie, une violence extrême
Verbale, déboule sans fard, sans crier gare
A mon insu, pas voulu, cependant amarrent
Des forces, se déchaînent sur le devant de la scène

Mais comment échapper à cette folle régate ?
Les marins désordonnés, paniqués, s'affairent
Et le capitaine ne sait plus où est la terre
Mille hypothèses, tous en furie, pour voir l'asphalte

Quand, à la faveur du silence et de la nuit,
Toutes ces pensées ont surgi dans mon esprit
Tiraillée, entraînée, qui donc va gagner ?

Angoisse, culpabilité, je n'en veux aucune
Elles ont plus de pouvoir tant que brille la lune
Mais, garder pieds, sachant où elles veulent m'emmener

Respirer. Encore. Je suis vivante. C'est fini.
Tirer la leçon et continuer la vie
Elles reviennent déjà, je ne peux m'échapper

Tout faire pour ne pas se laisser prendre au supplice
Sottes distractions venez prendre toute la place
De sorte que de moins en moins je me tracasse
Par enchantement le temps va faire son office

Amnésie, tu ris, tu mens, je décline ta danse
Temporairement, tu éloignes l'enclume
Plus sûrement, puis je remercie ma plume
Fidèle, vaillante, au service de ma conscience.

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Sa famille ne lui a pas dit qu'il avait un cancer car il avait presque 100 ans et qu'il en aurait souffert mentalement de manière disproportionnée.

 

 

 

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Jérôme ne lui a pas dit qu'il avait déjà ce livre car Elsa s'en serait désolée pendant longtemps et ça aurait gâché ce rare moment où ils se retrouvaient.

 

 

 

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Mentir et aimer : c'est parfois compliqué.

Qui veut-on protéger ? Qui empêche-t-on de grandir ? Qui n'a pas appris à garder pour soi ? Toute vérité n'est pas bonne à dire. Dissimuler, est-ce mentir ? Quel est le contexte au moment du mensonge ? Pour moi ? Pour l'autre, les autres ? Et quelles conséquences ?

 

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N'y aurait-il pas autant de mensonges que d'étoiles ?
Le plafond céleste nous les fait paraître identiques alors qu'elles sont à des distances très variées.
Quand on utilise toujours le même mot pour des réalités différentes, cela occasionne des amalgames qui, dans notre exemple-ci du mensonge, facilitent la mise en accusation.

 

Mentir et aimer : c'est parfois compliqué.

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Dans cet article, nous découvrons le cinquième et dernier cas de relation parent-enfant difficile, constaté au camping cet été.

E/ Il est 21h, je fais la vaisselle au bloc sanitaire du camping.
Soudain, une dame hurle en hollandais juste derrière moi.
Je n'ai pas le temps de réaliser ce qui se passe, elle vocifère une deuxième fois.
Mais pourquoi reste-t-elle derrière moi, à vaciller un peu vers la gauche, un peu vers la droite ?

 

 

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Ça y est ! J'ai compris.
Sa fille est de l'autre côté de l’îlot des éviers, haute comme 3 pommes, je ne la vois pas.
Elle tente d'échapper à sa mère et j'assiste à un jeu de loup malsain.
Aucun esprit ludique dans l'air.

La mère crie une troisième fois dans mes oreilles, j'ai l'impression qu'elle me frappe.
Elle se décide pour le contournement de l'îlot par la droite et j'imagine que les derniers mots beuglés ont sommé sa fille de rester immobile.
Je vois la proie, au bout du bras adulte, qui se débat et qui pleure.
La mère emmène la petite vers les toilettes, en lui serrant le bras tellement fort qu'elle lui fait mal, assurément.

Tout ça pour ça ?
Pour pipi avant dodo ?
Problème d'énurésie ? De lever nocturne ? Jamais pratique quand on dort sous tente.
Je ne sais pas.
Peut-être tout simplement que la fillette a eu un peu froid une nuit (il avait fait jusqu'à -2°C, nous étions en montagne).

 

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Cette situation nous invite une fois de plus à prendre le temps d'observer, à réfléchir, à essayer de comprendre, à émettre des hypothèses, à recouper les éléments.

 

 

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Voici un exemple caractéristique survenu quand ma fille avait 7 mois :

En 2003, année de canicule, il a commencé à faire chaud dans notre appartement en juin.
J'avais confectionné une gigoteuse en éponge et je fus ravie de la mettre pour la première fois à ma fille.
Quelques minutes après l'avoir installée dans son petit lit, elle pleura, ce qu'elle ne faisait pas d'habitude. Je mis ça sur le compte de la chaleur.
Je lui donnais bien à boire et même en lui laissant uniquement un body, elle pleurait, ne parvenait pas à s'endormir, contrairement aux mois précédents.
Et puis, un jour où il faisait un peu plus frais, je lui ai remis sa gigoteuse normale et elle n'a pas pleuré pour s'endormir.
Cela confirmait mon hypothèse de température ambiante.

 

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En fait, la cause était ailleurs.
Une fois sa sieste terminée, je me suis aperçue qu'une partie de la gigoteuse, un peu en-dessous de la clavicule, était mouillée.
La lumière fut !
Ma fille tétait sa gigoteuse pour s'endormir. Elle n'y parvenait pas avec la gigoteuse en éponge fine, trop plate, et encore moins sans gigoteuse !
J'ai donc découpé un lange en quatre et j'ai disposé l'un des morceaux près de la tête de lit.
Dès lors, quand je couchais ma fille, je posais le carré de coton sur sa clavicule et mon bout de chou n'a plus pleuré même quand elle n'avait pas sa gigoteuse normale.

 

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Être parent est le métier le plus difficile car il inclut une multitude de métiers dont celui d'enquêteur-bienfaiteur ...

C'est terminé pour la série "Pas de murs au camping". Merci de l'avoir suivie.

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C/ Sur cet autre emplacement de camping, un père soulève la robe de sa fille et lui administre plusieurs fessées. La petite fille implore : "No dad !"

Comme la semaine dernière, je vous propose d'étudier cette scène dont je fus témoin lors de mes vacances cet été.

 

 

 

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Certains se révoltent, même des jeunes, contre l'interdiction d'administrer un châtiment corporel.
Mais qu'est-ce que cette arme, vis-à-vis d'un enfant ?
Nous ne sommes pas censés utiliser une arme plus dangereuse que celle avec laquelle nous avons été agressés.
Cette petite fille n'a pas obéi, son père lui impose plusieurs fessées. Il y a disproportion entre les deux agressions.
Et il y a un message terrible : "Non seulement tu dépends de moi pour te nourrir, te loger, te vêtir, te laver, étudier mais je dispose aussi de ton corps."

Je vous ai parlé dans la partie 1 le week-end dernier des maltraitances aux enfants, symptômes de mal-être des parents.
J'aimerais aborder les sanctions sous un autre angle, auquel j'ai été confrontée en tant que mère et face auquel j'ai dû trouver des solutions pour ne pas être maltraitante.

 

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Cet angle est celui du cadre, indispensable, tel le tuteur qui aide l'arbre à bien grandir.
Car je ne suis pas pour le tout laisser-faire bien sûr. Les enfants ont besoin des parents pour leur fournir des repères mais, malheureusement,  parfois, ces repères sont donnés sous formes de châtiments tel un chien à qui on donnerait soit une tape soit un sucre pour lui signifier "C'est mal" ou "C'est bien".

 

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D'une part, il est important que nos enfants nous obéissent immédiatement quand leur sécurité est en jeu, par exemple sur la voie publique. Certains enfants aiment les routines et seront dans leur zone de confort pour enregistrer "Si maman dit ça sur ce ton, c'est que je dois obéir et lui donner la main pour traverser". Mais ça ne convient pas à tous les enfants d'obéir sans réfléchir.  Des enfants préfèrent analyser et n'obéiront que lorsqu'ils auront compris. Pour ces enfants-là, on peut utiliser un livre illustré présentant de nombreuses scènes de rue, de ville, pour leur expliquer les dangers. Et puis certains enfants se sentent à l'aise dans un monde imaginaire donc on peut leur demander d'imaginer ce qui pourrait arriver quand on se promène dans la rue. Ensuite, on leur propose d'aller dans la rue et d'observer ou bien de faire une enquête auprès de la famille, des copains sur les dangers de la voie publique.

 

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D'autre part, certains comportements méritent plus qu'un simple "Non" et c'est souvent dans ces cas-là qu'on se sent obligés (ou bien ça part tout seul) de le signifier par un geste-sanction.
Il m'est arrivé de vouloir indiquer à mon fils ou ma fille que son comportement vis-à-vis d'autrui n'était pas acceptable mais je me trouvais démunie, à cours d'outils.
Chaque famille a ses propres habitudes en matière de communication, de test des limites par les enfants, d'expression par les parents de l'atteinte des limites et mes astuces ne s'adapteront pas à tous. Les forums d'entraide entre parents et les magazines spécialisés sont intéressants pour trouver des idées afin de cadrer sans maltraiter.

 

Voici mes deux astuces :
Quand ils étaient petits, je comptais jusque 3. Souvent, je me suis dit, il y a bien un jour où ils vont me demander ce qu'il se passera s'ils continuent alors que j'ai atteint le chiffre 3 mais en fait non ! Il suffisait que je dise "Attention, je compte jusque 3". Parfois, je n'avais même pas besoin de commencer à compter. Je crois que ça fonctionnait bien parce que d'une manière générale je fais ce que je dis.
Quand ils furent plus grands (fin de primaire), je leur disais "Attention, je vais inscrire un bâton sur le calendrier". S'ils avaient 8 traits ou plus sur la semaine, ils n'avaient pas 2 €. Le manque à gagner était minime mais ça marchait quand même.

Aujourd'hui, ils sont adolescents donc je me rapproche d'une attitude d'adulte à adulte. Il n'y a plus d'astuce. Je leur rappelle les conséquences possibles s'ils continuent et je reste très polie mais ferme. Et, au cas par cas, par exemple pour un objet perdu, nous étudions les circonstances et décidons ensemble s'ils remboursent tout ou partie, s'ils font les démarches vers le service d'objets trouvés, etc.

 

Voilà pour les astuces, passons à une autre scène dont je fus témoin.

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D/ A côté de la machine à laver du camping, une mère et sa fille patientent depuis presque deux heures. La petite d'environ 5 ans s'ennuie et fatigue, elle se met à gesticuler et à geindre. Sa mère lui dit qu'elle est vilaine.

Les bébés et les petits enfants ont parfois besoin de pleurer pour trouver le sommeil. Ils ne le font pas pour nous embêter.
C'est une étape de transition éveil-sommeil qu'on peut tenter d'accepter en faisant confiance à l'enfant, en faisant confiance à un fonctionnement somme toute normal. Si on le rejette, ça veut dire qu'exprimer ses sensations est mauvais, qu'il ne doit pas dire quand il est fatigué.

La phrase de la maman "tu es vilaine" est absolue. Ce n'est pas le comportement qui est jugé mais la personne. Et cette petite personne n'a pas le recul pour comprendre autre chose que "maman dit que je suis vilaine".
Revenir au présent et au réel. La maman pourrait dire "Je vois que tu n'es pas bien. Je ne peux pas bouger d'ici tant que la lessive n'est pas terminée."

 

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Puis observer encore : l'enfant a-t-il besoin de se caler confortablement pour s'endormir, aimerait-il être bercé ? Caressé ?
Cette situation contraignante peut se transformer soit en moment de tendresse soit en avalanche de reproches et c'est nous, adultes, qui sommes responsables de nos actes et paroles.

Vous pouvez aussi lire "Plus de pistes pour les parents" à la fin de l'article Autoroute ou chemins de traverse ?

Rendez-vous le week-end prochain pour l'étude d'un dernier cas : une autre famille, toujours dans le même camping cet été.