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Une famille de trois enfants nous jouxte sur le quai SNCF.

Un des bambins demande : "Quels sont les numéros de place ?"

Le père répond : "74 à 78."

La mère se met à hurler : "Je prends la place 74 !!!"

Quatre visages l'interrogent alors, étonnés par sa réaction autant appuyée qu'impulsive.

La mère : "Bah 74 !" dit-elle avec une expression signifiant l'évidence.

Je comprends qu'elle est née en 1974.

Une fois dans le train, je continue de les observer. Le père et la mère s'aperçoivent que la place 74 est celle des cinq places qui est isolée, à part. Le mari pense que sa femme va changer de place pour faire le voyage avec lui. La femme reste immergée dans son choix limpide, catégorique et lumineux. Elle claque impitoyablement : "Bah je l'ai dit, je suis en 74". Le mari penaud, n'ose piper mot.

 

rocket launch 67646 480Il y a ainsi des choses qui dorment en nous et se réveillent brusquement de manière plus ou moins disproportionnée lors d'une évocation.

On estime que 90% des conflits de couple proviennent du fait qu'un des deux partenaires réactive une blessure d'enfance de l'autre partenaire. En quelques mots (voire un seul !), il appuie involontairement là où ça fait mal chez l'autre, là où c'était enfoui, ré-enfoui, enfoui encore, mais pas guéri. L'offense provoque de la colère et/ou de la tristesse. Quand des sentiments s'installent, ils se nomment haine, amertume, déception. Ils prennent le devant de la scène et l'amour, où se cache-t-il alors ? Le couple qui n'avait de cesse de se languir l'un de l'autre devient une guerre, déclarée ou larvée.

 

 

love 2053479 480Or cette guerre repose sur un énorme quiproquo : le partenaire n'est pas responsable des blessures originelles mais de leur réactivation répétée. C'est désagréable, certes, mais l'incriminer de tous les maux ne règle rien au problème de base : nous n'avons pas guéri de certaines de nos blessures d'enfant.

Pour éviter cette guerre, il est donc indispensable que chacun prenne conscience de ses écorchures intérieures, en informe son conjoint et prenne les moyens (temps, argent, énergie) de les guérir. Il est alors de la responsabilité du conjoint d'essayer d'éviter de s’appesantir sur les fêlures de l'autre et au contraire, de lui témoigner à quel point il l'aime malgré ces entailles. C'est dans l'accompagnement à la guérison que l'on peut démontrer l'étendue de son amour. Attention, il ne s'agit pas de guérir directement l'autre sinon on l'infantilise.

 

Peut-être le papa dans le train a-t-il eu un parent qui prenait des décisions sur des critères complètement irrationnels et, à certaines occasions, cela l'a profondément blessé ?

Peut-être la maman dans le train a-t-elle eu une enfance insécurisante et elle a pris l'habitude de se raccrocher à la superstition pour tenir bon ?

Mais si l'un et l'autre n'en ont pas conscience, ils n'en ont pas parlé l'un à l'autre et aucun des deux ne peut donc en tenir compte pour bien aimer son amoureux. Car là est l'enjeu : BIEN AIMER. Combien de fois dans un couple blesse-t-on l'autre puis on s'excuse, on dit qu'on l'aime puis on le blesse de nouveau ? Et cet amour n'est pas satisfaisant.

 

separation 2057205 480Par où commencer ? Observez les situations qui vous causent beaucoup d'émotions et celles où vous réagissez de manière disproportionnée. Il y a probablement lieu d'investir un peu plus en profondeur dans votre histoire.